mercredi 14 janvier 2009

Analogie encore - circuit

"Un livre n'a pas de sens, circulatoire. Il est toujours en mouvement. On peut entrer par n'importe quel endroit." (Claude Royet-Journoud, in CCP 16, Cipm, 2008 - 6) On pourrait raconter un cheminement, mais, au fond, aucune circulation n'a de sens qu'elle-même, dans sa performation. Sens, circulatoire, mouvement, endroit. Quatre termes qui s'imposeront à celui qui cherche dans la ville, un lieu.

lundi 12 janvier 2009

Pot aux roses

Eric Audinet, dans Poésie & autobiographie (Farrago/CipM, 2004), écrit que finalement au cours de ces rencontres, lui et Dominique Rabaté ont "tourné autour du pot, et ce n'était pas rien"(14). Pas rien car ils ont tourné comme "géographes, cartographes, archéologues" (ibid.). Finalement, tourner autour du pot, c'est déjà cartographier un espace, mental ou physique, poser des balises, jalonner, arpenter, comme le héros du Château, et quel meilleur tourneur de pot que K. ? On fabrique une carte mentale, un espace heuristique, et n'importe quel guide qui nous propose une rencontre avec une ville n'est finalement que cela: on désire la ville, cette rencontre, cette prise, cet englobement, mais, pas de pot, on tourne autour, même en son enceinte. Et ce n'est pas rien.

vendredi 2 janvier 2009

Autobio/cartographie (Benjamin)

"Depuis longtemps, des années à vrai dire, je caresse l'idée d'organiser graphiquement sur une carte l'espace d'une vie. D'abord je songeais vaguement à un plan Pharus, aujourd'hui je serais plus enclin à recourir à une carte d'état-major s'il en existait une pour l'intérieur des villes. Mais elle fait sans doute défaut, par méconnaissance des théâtres d'opérations des guerres à venir. J'ai imaginé un système de signes conventionnels et sur le fond gris de telles cartes, on en verrait de toutes les couleurs si les logements de mes amis et amies, les salles de réunion des divers collectifs, depuis les Sprechsäle du Mouvement de la Jeunesse jusqu'aux lieux de réunion de la jeunesse communiste, les chambres d'hôtel ou de bordel que j'ai connues le temps d'une nuit, les bancs décisifs du Tiergarten, les chemins de l'école et les tombes que j'ai vu remplir, les lieux où trônaient des cafés dont les noms ont aujourd'hui disparu, et qu'on avait quotidiennement sur les lèvres, les courts de tennis où se trouvent aujourd'hui des maisons de rapport vides et les salles décorées de dorures et de stucs dont l'épouvante des leçons de danse faisait presque les égales des salles de gymnastique, si tout cela y était distinctement porté." (Chronique berlinoise, cité par Jean Lacoste in Les chemins du labyrinthe, La Quinzaine littéraire/Louis Vuitton, 2005, p. 20.)