dimanche 19 novembre 2017

Un degré (une chambre d'écho)



musique vers chants
d’oiseaux entendons
bruits ou croquis de
son mental percute
en trilles l’habitude
s’impose en climats
circule comme sève
sous l’écorce de pierre
micas lamelles piano

essaime et perturbe
tarde à prendre en
nouvelle mouture
l’œil cœur paume

placent les pronoms

mercredi 1 novembre 2017

Un degré

Vers C. 



or répondre pour miroir
lieu de passage entre
surgir et bondir d’un
perçu l’autre par cette
sphère d’abandon où
circule onirique mais
comme convoqué un
personnage pour l’œil
protagoniste embraye

assez par touches d’un
mystère déclic que la
prose détective à essai
ne cerne ni ne dévoile

lorsque s’y recompose

dimanche 15 octobre 2017

After Sun, C, 62

degrés

de ce qui n'était pas

dit

parler du jour pour la nuit

'oculaire comme la paume'

('mailles')

sont re-marqués ici


dimanche 8 octobre 2017

Vers un autre

"Ces faits et bien d'autres persuadent combien il est dérisoire de vouloir contester notre société sans jamais penser les limites mêmes de la langue par laquelle (rapport instrumental) nous prétendons la contester: c'est vouloir détruire le loup en se logeant confortablement dans sa gueule. Ces exercices d'une grammaire aberrante auraient au moins l'avantage de porter le soupçon sur l'idéologie même de notre parole."

(Roland Barthes, L'Empire des signes, 1970, rééd, Seuil, "points", 2007 - 17-20)

samedi 7 octobre 2017

Ekphrasis

Introduisant son sujet d'invention (un incipit exploitant les techniques d'écriture réaliste étudiées en classe), une élève a écrit ceci, à côté du tableau de Goya qu'elle a choisi et dont elle a collé la reproduction sur sa copie  : "Le colosse n'étant pas réaliste, je prends en compte l'autre partie". Cette phrase est tracée sur la copie à gauche du tableau, au-dessus d'une ligne rouge horizontale qui vient couper l'image en deux, exactement à la hauteur des fesses du colosse. Sous cette ligne de partage, à droite cette fois, on peut lire ces mots : "Il faut prendre en compte la dévastation."

dimanche 1 octobre 2017

Hors-moment du livre, 2

"La vie dispose de toutes les couleurs qu'elle avive ; la mort, d'une seule qu'elle impose.

L'écrivain et le peintre se séparent, au premier rayon du soleil.

Une seule couleur pour le vocable, celle de la mort. Une seule mort pour le vocable, celle de la couleur. La couleur de la mort est éternelle : cendres noires et cendres blanches que l'eau mélange."

(Edmond Jabès, Le Livre des Ressemblances, p. 56)

"Ce n'est point l'encre qui donne, au vocable, ses couleurs ; mais les horizons qui le fascinent."

(Idem, p. 115)